Chanteur, compositeur et homme de scène depuis trente ans, le Niçois Pascal Mono s’apprête à sortir Healing Fire, son cinquième album. Dix titres retenus sur 28 écrits, conçus entre Seattle
et la France en un an et demi de travail. Un projet soul rock teinté de gospel et de blues qui marque un tournant dans sa carrière. Rencontre avec un artiste habité par le feu de la foi et le
groove.
Healing Fire a une histoire particulière. Tout a commencé à Seattle ?
Pascal Mono : « Oui. Je suis parti à l’hiver
2023 pour deux ou trois dates dans la ville de Jimi Hendrix, légende mondiale de la guitare électrique. Un ami marin qui travaille là-bas m’a coaché à l’américaine et je me suis retrouvé à faire 33
concerts en solo, c’est-à-dire seul sur scène sans musiciens, uniquement guitare, voix et grosse caisse aux pieds. J’avais commencé l’écriture des chansons avant, mais je les ai finies là-bas. J’ai
même enregistré les maquettes sur place avant de rentrer en France. Il faut dire que je sortais d’une période très difficile. Mon album précédent avait été retiré des plateformes à cause d’une
reprise sans autorisation. Les algorithmes de détection automatique bloquent tout de suite. J’ai appris à mes dépens qu’on peut faire ça sur YouTube, mais pas sur Spotify ni sur les autres
plateformes. Ce départ à Seattle était aussi une façon de tourner la page.
L’enregistrement a pris combien de temps et quand sort l’album ?
Un an et demi, en travaillant en pointillé. Mon producteur a construit tous les arrangements autour de ma voix, j’ai rechanté toutes les voix, et on a tiré dix titres des 28 que j’avais
écrits. Il veille à ce que chaque titre apporte quelque chose de nouveau à l’ensemble. J’estime que la sortie sera en 2026. J’attends deux clips en cours de montage. L’album sortira par singles.
Seuls ceux qui ont participé au crowdfunding et ceux qui viennent me voir en concert peuvent l’avoir en physique dès maintenant.
Pourquoi ce titre, Healing Fire, le feu guérisseur ?
Le feu guérisseur, c’est le feu de l’âme, la flamme intérieure. Le fait de croire en ce qu’on fait, de croire en soi. Je suis Bélier ascendant Lion, donc feu sur feu. Pendant longtemps,
j’étais un feu trop brûlant. Avec cet album, j’ai appris à rester maître de cette flamme, à ce qu’elle reste chaleur et lumière, sans me consumer.
Quels sont les thèmes qui traversent cet album ?
Le premier titre, Heal the Child, c’est soigner l’enfant intérieur, se réconcilier avec l’émerveillement. A Box of Stones, très gospel et blues, parle d’un cœur enfermé dans des boîtes russes
imbriquées qu’il faut libérer une à une. Face to Fear invite à regarder ses peurs en face plutôt que les fuir. Grounded parle d’ancrage, d’être bien les pieds sur terre. Et If I Ever Meet the Lord
est la plus gospel de toutes, avec de gros chœurs. Il y a aussi une reprise de Robert Johnson, Me and the Devil, 1937, traitée de façon très blues, très sombre. Ce sont des thèmes universels : la
vie, l’amour, la mort, le conflit intérieur, la foi.
Ce virage soul rock gospel, c’est une évolution naturelle ?
C’est en grande partie grâce à mon producteur, qui a travaillé avec Brian Eno, Fela Kuti, Jimmy Page, Robert Plant. Au bout de quatre albums ensemble en pop rock, il voulait m’amener dans son
univers groove. Il n’avait que ce mot à la bouche. Le résultat, c’est un album avec des voix gospel, des cuivres, du violon, de l’orgue. Très produit à l’américaine. Et les émotions ? Ce sont elles
qui m’ont travaillé, plutôt que moi qui ai travaillé sur elles.
En quoi Seattle a-t-il influencé le son de l’album ?
Vivre en anglais américain pendant des semaines, jouer chaque soir dans des clubs, ça vous forge un état d’esprit. J’ai rencontré un Amérindien dont la présence m’a profondément inspiré. J’ai
une chanson, Slow Train, qui fait référence au Monorail de Seattle, ce train suspendu qui traverse toute la ville lentement. Et jouer dans les clubs où ont commencé Kurt Cobain et Chris Cornell, ça
donne une gravité particulière. Je commençais toujours mes concerts par une reprise de Chris Cornell, vénéré là-bas comme un dieu. Le public était conquis, et ensuite j’envoyais mes propres
compositions, même en français.
Cet album marque-t-il un tournant ? Et quoi de neuf en dehors de la musique ?
Complètement. J’intègre le groove et la musique noire américaine bien plus profondément qu’avant. C’est ancré dans le blues, le rhythm and blues, le gospel. Ceux qui l’ont écouté me disent que
c’est maîtrisé, rond, lumineux. Je ne crie jamais. Il n’y a que du chant. Et en dehors de la musique, je peux vous glisser une avant-première : je suis en train de terminer l’écriture d’un livre que
je publierai peut-être un jour. Comme mon père, qui était écrivain.
Si vous deviez résumer Healing Fire en une phrase ?
Le feu de la foi qui réchauffe l’âme qui a besoin de lumière. Et j’ajouterais une phrase de l’écrivain Christian Bobin : « il faut que le ciel s’obscurcisse pour voir la première étoile
apparaître. » Transformer la difficulté de vivre en or. C’est alchimique. »
Adama Sanogo
LA STRADA
Pascal Mono persiste et signe un 5e album, Healing Fire. De retour de Seattle – ville de Jimi Hendrix, Pearl Jam, Soundgarden et Nirvana –, il allume la mèche pour embraser ce feu
qui guérit. Peut-être pour nous donner la foi et nous réveiller de la torpeur que nous impose la période…
Guitariste, auteur, compositeur, interprète, Pascal Mono fait rayonner internationalement Nice dans un secteur musical où les Français ne brillent pourtant pas toujours. Connu grâce au groupe
Moulin Rouge, il parcourt le monde, notamment avec le collectif Spina lors de leur tournée mondiale avec Carlotta Ikeda, ou encore en première partie de Massive Attack lors de la tournée européenne
de Mezzanine.
Il prend alors le pari d’aller chanter à l’émission Star Academy, lui, le rocker. Il finira quand même en finale après des duos mémorables avec Liza Minnelli, Carlos Santana, Paul Anka, Johnny
Hallyday… Il sort ensuite un album chez Universal Music Group : une compilation d’anciennes et de nouvelles chansons, qui ne satisfait pas le « format TF1 » imposé après le télé-crochet.
Les contrats sont rompus avec la chaîne… Tant mieux : il ne voulait plus dépendre de ce système.
Il reprend alors la route de l’écriture, dans la langue de son père écrivain et de Jean Fauque, parolier d’Alain Bashung, pour un vrai « succès d’estime », seul, en autoproduction. Mais
l’estime du métier ne suffit pas. Pascal fait une dépression, se soigne, s’en sort, et part pour les États-Unis de Barack Obama, à New York exactement. Il revient avec Foundations. Rebelote
: succès d’estime.
Il écrit par la suite un livre et un album en français, puis repart aux États-Unis, cette fois à Seattle, en solitaire, sans escale ni assistance. Il devient marin entre-temps. Sur les traces
d’Hendrix, Cobain ou Cornell, Mono – incité par un hacker, rencontré grâce à la voile, et reconverti par le gouvernement de l’époque Obama pour protéger le Pentagone – frappe à toutes les portes des
clubs de Seattle, coaché par cet ami « voileux ». À force de culot et de talent, Mono se produit dans les clubs mythiques où ses artistes tutélaires ont débuté : le Central Saloon, le
Blue Moon et le Sea Monster Lounge. Le public apprécie ses reprises de Chris Cornell et les compositions de Dustynations, son précédent album, sur une trentaine de dates en plein hiver, dans
le nord-ouest des États-Unis – avec seulement une stomp box, un sampler, une guitare, sa voix, et basta. « Pour retrouver la fraîcheur« , dit-il.
Revigoré par un mois et demi à −5 °C, dans une région où le litre de gasoil coûte 6 dollars, il rentre… ruiné. Mais avec une vingtaine de titres maquettés au Jack Straw Studio, et la conviction
d’une nouvelle production au MBad Studio de Philippe Paradis et Stéphan Blaës, co-pilote de Brian Eno, collaborateur de Jimmy Page et Robert Plant. Sans concession,
contre vents et marées, tournant le dos aux majors et au système médiatique mainstream, Mono revient aujourd’hui, après 7 ans d’absence discographique, avec Healing Fire, un 5e opus
rock-soul, mâtiné de gospel.
Mono réserve la primeur de ce nouvel album au public azuréen, le 28 mars à la Blackbox à Nice, entouré d’un power trio composé de Philippe Paradis (guitare), Fred Allavena (basse)
et Olivier Ferrarin (batterie).
Nice Matin
Dans ce qui ressemble presque à une autre vie, il avait fait une incursion dans la Star Academy, lors de la saison 5. Il y a un peu plus de vingt ans, il avait partagé le micro avec
Carlos Santa, Paul Anka et Johnny Hallyday.
TF1, les télé-crochets et les paillettes, c’était sans doute très loin de l’imaginaire de Pascal Mono.
Lui, après avoir idolâtré les Beatles ou Dylan durant ses jeunes années, a succombé aux riffs de Led Zeppelin, au psychédélisme de Pink Floyd ou à la pop teintée de reggae de The Police.
À 54 ans, le Niçois est toujours fidèle à son perfecto, son jean slim, ses boots et son perfecto. « Je bois, je fume et je fais très peu de sport aussi », se marre-t-il en
nous menant dans les dédales du 109, les anciens abattoirs de Nice où son ami Philippe Paradis a installé son studio.
Tribune
S'il était un élément ? Le feu, sans hésitation. Intérieur, extérieur, dans la voix, dans l'esprit. Il revient avec un 5e album, Healing Fire, qu'il dévoilera en avant-première sur scène à Nice,
sa ville, ce 28 mars.
La trajectoire de Pascal Mono ressemble à celle d'un phénix aux multiples
résurrections. Révélé au grand public par la Star Ac 5, puis éloigné des circuits formatés par conviction toute personnelle, il a connu les hauts, les creux, les lights, les doutes, sans jamais
disparaître du paysage rock français. Après plusieurs années de silence discographique (son 4e et précédent album, Dustynations, est paru en 2017), Mono aujourd'hui ravive enfin
les braises. Une renaissance attendue. Le résultat est un disque à la fois brûlant et enveloppant, comme son titre le tease , un “feu qui guérit”.
Healing Fire n'est pas un simple retour, c'est une sortie de chrysalide, un opus forgé dans l'expérience, l'introspection et une certaine forme de résistance artistique. Ici, le feu n'est
pas destructeur, il est réparateur, il est chaleur, il est lumière. Pour qui connaît Pascal Mono, c'est sur scène que ce feu prend toute son ampleur. Le 28 mars, à la Black Box (Nice), il présentera
Healing Fire en avant-première, accompagné d'un combo 100% local aux références ultra-capées, Philippe Paradis,Fred AllavenaetOlivier Ferrarin. Avec quelques guests surprises...
Seattle, l'étincelle
Avec Healing Fire, Pascal Mono signe un album un peu paradoxal, incendiaire et apaisant, brut et spirituel, intriguant. Jouant sur une partition contenue, introspective, loin de
l'incendie rock que son titre pourrait laisser entrevoir. C'est à Seattle que naît le projet, alors que Mono se lance dans une tournée solo, en pleine tempête hivernale, au pays de ces native
Americans qu'il intègre à son introspection. Né dans le berceau de légendes du rock abrasives, Healing Fire va pourtant prendre une direction opposée. Ici, pas d'hommage à Nirvana en
déflagration grunge ni de saturation excessive à la Hendrix, mais une orientation soul et gospel assumée, léchée, digérée, envoûtante dans sa rondeur. En un feu maîtrisé, où la braise accompagne la
flamme de sa chaleur diffuse. La voix, toujours aussi chaude et habitée, porte des compositions solides, toute en retenue, un parti pris qui donne au disque une couleur intime, presque spirituelle.
Certains titres touchent par leur sincérité, leur dépouillement, par cette volonté de faire du feu un élément réparateur plutôt que destructeur. D'autres, avec leur puissance, leurs arrangements
teintés de cuivres, de cordes, de chœurs, tiennent du grand incendie. Mais tous assument une signature musicale originale, inattendue, que l'on doit aussi à Stéphane Blaëss, réalisateur fidèle, qui
fit ses gammes aux côtés du grand Brian Eno, et à la chaleur d'un cocon niçois, le Mbad Recording Studio du complice de toujours Philippe Paradis, au 109 / La Station.
Contact booking: azurshowevent@gmail.com
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